1/21/2010

A Sabado In The Life...

Le jeudi, 17 décembre 2009

Le samedi, 19 décembre 2009 (coudonc, puis 2010, qu’est-ce qu’on en a fait ?)

Chaque samedi vers 14h, Curro du El Luca (eh non, le dueño s’appelle pas Luca!) nous prépare de quoi à bouffer. Mais faut pas traîner à Los Ponys jusqu’à 15h sinon y reste pu rien pour toi, right Victor? Puis t’es pogné à grignotter le riz croûté, semi-calciné au fond du chaudron et le dernier boute de lapin sec. Non, pas de pain sec, de lapin sec. Mais moi, je mange n’importe quoi, so bring it on!

Je me rend compte après une loooongue jasette avec les hommes que je pourrais bien aller placoter avec la madames aussi! (Bea et quelques mamans de mes élèves) Pour une fois qu’il y a des femmes qui sortent au bar! Vive les samedis après-midi. Donc je me joins à elles pour avoir droit au bombardement de «So! T’es tu trouvé un p’tit copain espagnol là?» et TOUS les gars que je connais, et ceux que je connais pas, y passent… peu importe la personnalité, l’âge ou même la disponibilité… et lui? Et lui? Et lui? Non. Non. Non… peut-être. Non.

Je m’échappe en allant manger de quoi à Los Ponys avec José, Victor et un certain Paco, personnage étrange… Paco, quand il fini (ou pas) une phrase, il se tait et te regarde avec un look intense qui te fait te demander «…y’attend-tu une réponse? Une réaction? Ou y’est en train de penser à ses mots?». On s’en va au Campanero pour changer de décor, et un débat sur les préjugés fondés sur les généralisations me porte à penser que je serai jamais d’accord avec ce Paco un peu rond. Puis il me dit «c’est l’fun jaser! On refera ça!» «…pas d’joke??? Je pensais justement le contraire!» Dominguito, notre poète préféré, danse tout seul au milieu de la place comme si ça vie en dépendait… semblerait qu’il s’est remis à boire malgré qu’il devrait pas mixer avec ses médicaments… Ouf, ouin, c’est mon cue! Je rentre!

Vous devez penser que la p’tite population d’Alcalá de los Gazules est un peu bizarre, mais non. C’est juste que je connais tous les weirdos du village! Le prof de philo solitaire, le couple hippy, le poète schizo, "le chat"… bon, je suis certaine que Gregorio est pas le seul homme au monde qui agît comme un chat… miaow pour bonjour, et ksssss! quand on lui renverse de la bière dessus accidentellement… Je sais pas comment j’en suis venue à être l'amie de tout c'beau p’tit monde là... qui se ressemble s’assemble je suppose! WROUF!


Song of the day: Gronlandic Edit - Of Montreal

Party at Cortijo's

Le vendredi, 18 décembre 2009

Ici, j’ai pleine d’amis, mais j’ai pas une gang d’amis à moi en particulier. Ces amis sont de groupes différents, et si j’appelle pas le monde, je sors pas de la maison. Cependant, c’est presque garanti que si j’appelle, je sors! Alors j’envoie un petit text message : «Hola Gema! Beer or coffee at the Siglo XXI tonight?» et sa réponse: «Party at Cortijo’s house, I pick you up at 9 in Plaza Alta, Ill send a missed call when I’m there» ….OK! :D Merci Gema!

Presqu’uniquement du nouveau monde à cette fête, mais du bon monde. Bonne bouffe, bonne musique, bon bong ! Malheureusement pour Juanmi, la boucane a pas trop bien passé et il a dû prendre une p’tite marche dehors au bras de Pilar (ce qui lui paraissait comme un manège à la Ronde) avec la face aussi verte que ce qu’il avait consommée.

On se réchauffe une tortilla pré-cuite sur le feu, envoye dans le gras de saucisson. Mmmm... Inévitablement, je pars à la quête d’une guitare et on jam au Flamenco et Alanis Morissette. Puis, on passe au dance mix je-ne-sais-de-quelle-année pour danser dans le salon ! Toute bonne fiesta fini au Campanero, pour donner un peu de répit aux voisins…

L’unique photo de cette soirée est perdue quelque part dans mes photos de décembre : c’est moi assise sur une chaise de bois en forme de main…

Song of the day: Casimir Pulaski Day - Sufjan Stevens

1/20/2010

Ôôô au partay d'bureau, on étaient tous garlots......

Le jeudi, 17 décembre 2009

Le jeudi, 17 décembre 2009


J’ai toujours l’air un peu tarte descendant jusqu’à l’école, la guitare attriquée au dos avec un vieux foulard, de la corde et mon bandeau de headlamp, mais peu importe! Ce matin j’arrive à l’avance pour apprendre quelques villancicos (cantiques de nowel) avec Fernando, le prof de 3e/musique. Pourquoi? Pour le party de Noël de prof qui suivra la journée de travail! Journée particulièrement slack comme tous pensent uniquement à la bonne bouffe et la musique qui les attend après l’école…


Je déambule de classe en classe avec la guit, enseignant aux élèves de tous âges We wish you a Merry Christmas. Lorsque la cloche de la mort sonne (Je déTESTe ce son!) on s’enligne vers la Casa Jimenez pour una cervecita avant d’aller bouffer au Bar Flamenco, où je ne suis jamais entrée avant… et moi qui vit juste à côté! Il me fallait ben un party privé pour que j’y fasse un tour!


Un petit verre de Lambrusco en attendant le reste du peuple, dont une certaine Pilar, ancienne enseignante de mon école que tout le monde adore. Puis, à table pour le festin! et QUE c’était bon… des fromages, olives, crovettes avec la tête pis les pattes, hors d’œuvres trop cutes pour manger, des petites viandes froides typiques d’ici (salsichon, chorizo et jamón bien sûr)… pour commencer! Ensuite la salade, la soupe de fruits de mers, et le plat principal : du poooorc… je sais pas quelle partie, je m’en fout, c’était bon. Presa iberica ça s’appelle?

Installez-vous! Régalez-vous! Laissez notre serveur (de Paterna, oooh) nous enchanter et nous chanter du Flamenco! Pendant qu'Angel nous manie les bâtons à merveille!

À peine les premiers ont-ils terminés leur assiette qu’on échange la fourchette pour une tambourine, et moi la cuillère pour… DEUX cuillères! *tac-tiqua-tac!* Allez, un peu de jus canadien dans le punch! Je n’ai retenu que très peu des paroles des villancicos andalous, bien que tous chantaient à pleine voix pendant facilement une heure et demie. (petit video! Rin rin!) Vous voyez, moi au lieu de lire les feuillets de paroles, j’avais les yeux rivés sur les doigts de Fernando dans une tentative ratée d’imiter son strum flamenco. Les accords? Pff, faf! C, G7. ou Em, B7. Le strum des sevillanas ou bulerias ou autres flamencos? Oublie ça. (un autre petit video pour démontrer les talents des trois mousquetaires...)

Mr. Tambourine Man, play a song for me...

S’enchaîne la nuit de la poésie avec des blagues vulgaires, dont la majorité rient des gitans ou font référence à l’église. («Mira la virgen la cara que tiene!» …oooh, et la prof. Paloma qui est une Sœur… rit à pleins poumons!) José gagne le concours avec la blague dla poule... Puis on part dans les tunes de maternelle avec «Soy una taza! Una tetera! Una cuchara, un cucharon!» ou «Hay une ollo and el fondo de la mar» (soit une tune à la «c’est l’habitant d’Saint-Jean qui arrive à Montréal», mais en espagnol… Le dessert passe presque inaperçu tellement on a du fun à danser la sevillana… rrrrright… avec le talent que j’ai pour la danse, je regarde de loin en prenant un vidéo. Puis tout le monde en place pour un remake de la chanson de Noël de la classe de 2e année …los bastones! Y volvemos a empezar!


El albete esta vacío antes de la Navidad...

Quant on se rend compte que le lunch de Noël s’est étiré jusqu’à pas loin de 20h, les aurevoir commencent, mais la fête est pas finie pour tout le monde! Eh non, y’a la bande de femmes avec lesquelles je suis allée à Grenade qui avaient leur party de Noël de travail le même jour! Donc tout le monde fini au légendaire El Luca pour partager les histoires de la soirée, et chanter plus de villancicos et de soy una taza, avec le talent radicalement réduit par l’alcool. Mais, une fête qui commence très tôt, un JEUDI, doit inévitablement finir tôt aussi… sauf pour moi, qui travaille pas le lendemain! :P


Les supertroopers qui sont sortis au El Luca... belle gang, belle gang...

C’était TOUT un plaisir de passer du temps avec mes collègues hors de l’école. J’ai définitivement besoin de hanger out avec eux plus souvent!



song of the day: Rin rin - Villancico de navidad!

1/19/2010

Matanza con Yessica

Le samedi, 13 décembre 2009

Allez allez hop, debout, midi, c'est pas le temps pour une "resaca" de lendemain de veille! Y'a un gros porc mort qui t'attend dans le "campo"! (ça sonne tu pas appétissant?) Je déambule jusqu'à Plaza Alta, suivant les instructions de Yessica... "bon... vers le cimetière, ya un campo à drette à gauche... *guh, soleil + ma tête = ouch* mon dieu, la campagne est ben plus proche de moi que je pensais!" Eh oui, juste là, Ivan the Blacksmith (a.k.a. el niño) a un superbe terrain avec chevaux et tout le kit.

Les hommes, dont Angel (a.k.a. A-hein!) le chum de Yessi, sont déjà en train de découper toutes les parties du porc en morceaux, et dans la cabane à exécution y reste plus que la tête saignante qui pend au bout de la colonne vertébrale. Esti qu'on est barbares les carnivores! Mais je crois que c'est bien d'avoir un contact directe avec la bouffe qu'on mange parfois! Pour nous rappeler de consommer responsablement et d'utiliser toutes les parties...

The Butchers and the Butchered.

Je commence avec une bière, croyant fermement à ma théorie que ya rien de mieux pour chasser un hangover que se remettre à boire car mon cerveau est en manque d'alcool. Sans succès. Je prend donc l'excuse d'aller chercher une guitare chez moi afin de me prendre une tylenol (ça y'est, je me rend! donnez-moi des pulules!) À mon retour, de l'eau.

J'apprend avec fascination comment préparer une paella GÉANTE tout en apprenant les noms de chaque nouvel arrivé un à un. Ya ben du monde au rendez-vous, ça va être un challenge! Le secret de la paella géante: sacre ton 2 kilos de riz dans la viande/fruitsdemers/legumes/HUILE, et laisser rissoler un peu AVANT d'ajouter l'eau. Et le safran? l'ingrédient clé de la paella? c'est une légende urbaine, tout le monde sait que ça coûte ben trop cher! au lieu, on met du colorant jaune!

La paella est en fait PLUS grande qu'elle en a l'air ici... et c'est juste en attendant le festin de porc!

Une partie succulante du cochon attend pas l'autre, et ben vite on est bien rempli de bouffe, gonflée d'alcool (ben oui, il me fallait juste un peu de bouffe pour me remettre en "bonne forme"). On se réchauffe les orteils autour du feu, et les oreilles avec la guitare... Baltazar nous joue des Sevillana grivoises, et moi du folk plate. Puis on enchaîne avec des villancicos (cantiques de Noël) et on m'apprend les paragraphes vulgaires de "Ande ande ande, la Marimorena!". Café à l'anis? Pourquoi pas. Faudrait surtout pas s'arrêter de boire pour prendre une pause café! Ici, l'anis c'est LE drink de Noël.


Vers les 10h, quand la faim revient, on remet des filets de porc sur le feu (et le foie... et le gras... alouette!) et on se passe la guitare. Comment on s'est entertainé comme ça jusqu'à passé 1h du mat, alors que tous partaient un à un à un jusqu'à ce qu'il ne reste que moi, Pishue, Esteban, Wain et Ivan? Hm, de la bonne compagnie j'imagine!


Zavez l'air en feu les gars!

1/14/2010

The Raiyn in Spaiyn Falls Mayinly in the Plaiyn...

FELIZ AÑO NUEVO TODOS!
HAPPY NEW YEAR EVERYONE!
BONNE ANNÉE TOUT LE MONDE!

Ce weekend, je vais tenter de catcher up sur ce blogue que j'ai un peu beaucoup abandonné pendant le temps des fêtes. En attendant, je vous laisse avec une superbe photo du prado que je vois chaque matin en allant à l'école... après près d'un mois de pluie sans pause (viva Andalucia...) Je le croyais pas quand ils me le disaient: oui oui! donne s'y ben de la pluie et quelques jours de soleil et le paysage va virer du brun sec au vert riche!




En une semaine: (la semaine de Noël si je me trompe pas)


Algeciras (400 litros), Torremolinos (322), Marbella (308), Tarifa (296), Villamanrique (295), Hornachuelos (270), Málaga (260), Granada (248), Jerez (223) y Jaén (222).

Toutes des villes relativement près de chez moi! Ici, une colonie de moisissures noires s'est installée chez moi pendant mon séjour en Angleterre. Je les blâme pas, ces jours-ci, l'air d'Alcalá est 100% humidité!

1/11/2010

A Day In The Life

A -week- day in the life...

À la demande générale, et parce que Julie semble penser que je vis une vie de débauche (parce que je raconte que mes histoires de fins de semaines), voici, une journée dans la vie d’une assistante de langue canadienne au CEIP Juan Armario, Alcalá de los Gazules.

Rise and shine vers 8h du mat pour aller jogger. (Hm. Ou pas.) Après 3 ou 4 ou + snoozes, une douche sans pression dans une salle de bain sans d’aération = sauna! Si je me sens très espagnole, je me toast deux tranches de pan de pueblo (du pain super dense et divinement bon) et jte garni ça d’huile d’olive et tomates ou de chorizo. Si j'ai le mal du pays (ou une dent sucrée), beurre de pinottes. Ça c'est du luxe ici. Thé marocain? ou de Grenade? Café. Instant that is. J'ai toujours pas de cafetière.

Dehors, le ciel bleu pétant donne toujours un contraste aveuglant avec les maisons blanches. Faut pas se laisser avoir, parfois le matin est f'n freezing. Et avec Levante (vent de l'Est), tu pars au vent en traversant l'arc de Plaza San Jorge parce que le vent y est "canalisé". Visite al Banco de Andalucía dans le Paseo de la Playa bordé d'orangés. (ici, ya pas une saison de batailles de boules de neiges... c'est un bataille d'oranges moisies). Hein, j’ai pas encore ma carte de débit par la poste? 3 ou 4 semaines de retard, pour la bureaucracie espagnole, c’est très peu. Marché frais local si c’est le mercredi ou le samedi, j’apprend chaque fois un nouveau nom de fruit ou légume!

Pas d’emplettes? Je prends le raccourci : Plaza San Jorge (a.k.a. Plaza Alta), je passe devant l’église San Jorge, me fait siffler par les hommes devant le -flamencoless- Flamenco bar. Bon, si les mâles disent holá! je réponds. mais quand ils me sifflent ou me « tssss tssss ! » comme un chien, ils touchent un piton dangereux... Je descend la route San Juan de Ribera, d’où la vue est extraordinaire… d’ailleurs plus qu’une fois sur deux je m’arrête pour regarder l’ombre des nuages qui glissent sur les plaines, suivre une voiture sur la route en zig zag, spotter un cheval dans la côte. Puis je prends les escaliers secrets qui mènent directement derrière l’école, en évitant tant bien que mal les innombrables crottes de chien. Passé le vendeur d'oiseaux (quelle puanteur devant se garage!), ya une boulangerie qui vend du pan de pueblo exquis.


La vue de la route San Juan de Ribera...


Les escaliers secrets, et mon école! CEIP Juan Armario!

Je résiste la tentation d’arracher une fleur des arbres devant l’école et me la mettre dans les cheveux (c’est comme obsessif compulsif chez moi), je cogne dans la fenêtre au lieu de sonner parce que Jose deteste le son de la sonnerie, et j'entre dans mon espace de travail : le secrétariat. Si c’est English Day : Good morning ! Si es día español : ¡Buenos días! Ya jamais de presse pour se mettre au boulot alors Jose et moi on se raconte la fin de semaine ou la veille, et bien sur on note des nouveaux mots.

En quoi consiste mon boulot ? Bonne question. Ça dépend des jours. Mettons qu’aujourd’hui, je traduits l’Unité 4 du programme des "5 ans". Ça veut dire créer 7 ou 8 activités genre : "inside – outside", découper les images, coller ceux qui sont des déchets inside the trash bin, et ceux qui sont des jouets outside... Je copie-colle des images de istock après quelques... "retouches" sur Paint. ("En Espagne, tout est permis" Si Jose l'a dit, ça doit être vrai!) À peu près chaque jour, Salvador, l'enseignant des boutschoux de 3 ans, entre (suivit bien vite de 3 ou 4 canetons) avec une face de « kill me... » et demande le téléphone pour appeler un parents qui doit venir changer la culotte de son p’tit. En voilà quelques-uns des classes de 3, 4 et 4 ans, lors de la Fête d'automne:



Elena, a.k.a. la muñeca (la poupée), il me manque un nom, et Juan Antonio

À gauche: Miranda (aguissable mais vite celle-là)


Eh oui, le p'tit blond c'est un des p'tits anglas, Oscar. À droite ya moi et Manuel, a.k.a. El Explorador. À côté Adriana, à peine 3 ans, a.k.a. "drawing between the lines is a work in progress".

Je vais faire mon tour dans les classes des plus jeunes au moins une fois par semaine (HORS des heures du cours d’anglais merci, faudrait surtout pas que je collabore avec la prof d'anglais tsé...) Une tune qui bouge par-çi (Head-Shoulders-Knees-Toes, If You’re Happy …) ou j'enseigne un thème de mots par là (i.e. les vêtements), on joue un jeu en anglais ou je lis un conte, tout dépend de l’âge, et du vent… ouin, ici quand y a beaucoup de vent, les enfants deviennent insupportable, c’est comme quand y a une tempête de neige chez nous.

Y a une classe en particulier, celle de 2e année, que j’adore. C’est un âge moins morveu et pas encore baveu. L’enseignante, Paloma, me défend de parler espagnol dans sa classe. L’autre jour j’ai lu Goldilocks and the Three Bears à son groupe, j’ai pas dit un mot en espagnol, et les jeunes n’ont pas dit un mot point, tous les yeux étaient rivés sur les images et j’ai la certitude qu’ils ont tout comprit. Incroyable, c’est des éponges d’information ces enfants-là.

À 11h30, la cloche sonne à 120 f'n décibels et me fait faire un infarctus à chaque coup. Les profs (qui sont pas en «childwatch duty» dans la cours d’école) se retrouvent dans salle des profs. Pause café/thé, biscuits ou autres pâtisseries pas remplissantes pentoute. Note: pour plusieurs, ça c’est leur déjeuner. Je suis convaincue que Jose, qui ne boit qu’un verre de lait le matin avant de venir, est un robot. Ça se peut pas se nourrir que de fluides de même! Et moi je meurs déjà de faim pour le lunch !

Dans la salle des profs ça parle des jeunes et du système d’éducation, d’actualité et de famille, de bouffe et de fins de semaines, de mariages, maisons… et parfois, ça potine, ça chiale de comment sont les choses à l’école, incluant les façons de faire des collègues. Dans ces temps-là je suis comme contente de pas bien comprendre l’Andalou... Souvent un jeune entre en grosse larmes avec une prune sul front ou un genou égratigné pour prendre de la glace dans le congélo. Ça fait changer le sujet.

L’autre jour, Fernando, le prof de musique, a apporté sa guitare dans la salle des profs et un cahier de chansons de noël espagnol afin d'en sélectionner quelques unes à enseigner aux jeunes. Ça s’est mis à chanter et taper des mains, envoye des voix gitanes et du flamenco ! C’était donc joyeux! J’étais aux anges !

En octobre on m’a délégué de quoi de plus gros, attention : préparer un powerpoint sur les fruits et noix de l’automne, pour présenter à tous les niveaux, watch out! (sept présentations de 25-ish minutes, ouf, faut juste pas que l'enseignant(e) s'éclipse parce que moi et la discipline en espagnole... et on s'entend que la sévérité de la "discipline" varie de pays en pays...). D’autres fois, Salva me vole pour que je surveille ses flots pendant qu’il va aux toilettes, et je sais jamais trop quoi faire! Je regarde ces petites choses étranges qui grouille et se collent à toi et parlent une langue mystérieuse qui ressemble en rien au Castillan.

En principe, je finis à 13h. Mais je finis toujours par exploiter l’internet de l’école un peu pour updater mon blogue, regarder un peu les nouvelles internationales en ligne, vérifier la météo, les bus/trains pour mes expéditions de fin de semaine… et quand Jose et moi on placote, on pratique des expressions et on se corrige. Ça apporte des situations bien comiques :

J- “Is this your shit?” showing me a piece of paper.

C- “hehe… yeah dude that’s my shit.” dis-je, pensant qu'il essayait de faire son cool avec les gros mots slang.
J- “ok, I put it on top of this pile of shits.” placing it with other paper.
C- “Haha, eh... oh. you mean, sheeeet as in a sheet of paper?? Ok ok, sheeeet = paper, shit is… well, mierda.”

On a eu la même situation avec sock (et suck) et fog (et fuck). Et de temps en temps, quand tout est silencieux dans le secrétariat, il a un besoin soudain de vérifier qu’il s’en souvient correctement et murmure en regardant dans le vide… suck. Suuuuuuck. Shit. Suck. Puis il me regarde dans le genre «je l’ai-tu?». Et moi de répondre «presque presque» en retenant le fou rire. On croirait que mon boss a le syndrome de Tourette… sshhhhit ...sssuck. C’est destonterias (niaiseries) de même qui nous rapprochent !

14h, la cloche me tue une fois de plus. Si c’est lundi les profs ont une réunion à 16h donc ils sortent luncher ensemble à la Casa Jiménez à côté. Parfois je me joins à eux. Sinon, je remonte leeeentement la côte. Holaaaa…. à tous les p’tits vieux dans leurs cadre de porte. Je me concocte un dîner en me demandant comment ceux qui finissent de travailler à 15h survivent jusqu’à 15h30 pour bouffer le premier « vrai » repas de la journée. Maudit que cuisiner seule c’est plate. Plate plate plate. Ensuite, si j’ai fêté la veille, ou si il fait super chaud : sieste. Sinon, j’écris, je gratte la guit, je bronze sul toit (bon pu maintenant), je lis, je prépare mon conte/cours d'anglais, je cuisine, je gosse un collier de hemp, je vais prendre une marche/jogging... Hm, un peu de ménage/lavage serait pas fou. Quoi que je fasse, le village est mort entre 14h et 17h. Todo Andalucía hace la siesta.

Les lundis et mercredis, je lis un conte en anglais aux p’tits du villâge à la bibliothèque municipale. La première fois, j'ai eu 53 jeunes. Holy shit balls. Deuxième fois, 53 aussi. C'était trop, genre "vos yeules! vos f'n yeules! c'est moi qui conte l'osti d'histoire ok?" On a donc splitté le groupe en deux : les 6-7 ans à 17h30, les 8-9 ans à 18h15, même conte, lu un peu différemment. Les mardis et jeudi, cours d’anglais avec les enseignants intéressés. Donc parfois on est 4, parfois on annule. Après une heure kek, y sont saturées d’anglais, alors on va prendre un café au Campanero.

Puis, je vais au Guadalinfo, centre internet gratos! Un p’tit tour au vidéoclub de Victor pour dire bonjour : un bonjour qui s’étire normalement à parler de musique pour une heure, fermer le magasin à 21h30 et aller prendre "une" bière au El Luca. Presque toujours la même gang, mais une gang sympathique. Ya Cristobal qui joue aux cartes avec d'autres bonhommes. Ya Curro l'owner ou Rosario la bartender. Y'en a deux frisés qui jouent souvent aux darts. Ya Juan le prof de philo de l’école secondaire, qui boit toujours seul pour faire arreter ses mains de shaker. Chaque fois que Juan dit qu’il s’en va, il reste une autre heure ou deux ou trois. Chaque fois que Juan commande "a last one", c’est jamais la dernière. Hence l'expression courrante "this is my last Juan!" Des fois la soirée finie tôt. Des fois ça fini tard, ici ou ailleurs, au Campanero ou au "Pub Verde" (le San Jorge, wannabe pub Irlandais), ou à la maison de campagne de Curro, ou encore dans mon salon avec les guitares... zingaling, zingaling-a-ling... qui qui travaille demain?

Song of the day: A day in the life - The Beatles


12/17/2009

Ronday, Day 2

Le dimanche, 6 décembre 2009

Matin frisquet mais ensoleillé, pas de nouvelles de filles d'Eslovenie donc je me dirige toute seule vers le centre. Pause à la Plaza de la Merced pour grignoter the usual pain, salsichon et tomate en regarder les petites familles défiler devant l’église. Curieusement, tous les « touristes » que j’attrape à prendre l’église en photo ou y entrer sont clairement espagnols. Semblerait qu’avec la crise, plutôt que l’aller à Lisbonne, Rome ou Paris, les espagnols voyagent intra-national cette année.


Détour vers l’Alameda del Tajo, une jolie avenue piétionière bordée d’arbres et longeant la falaise. Je fais le tour de la Plaza de Toros en cherchant l’entrée mais ne trouve qu’une panoplie de boutiques souvenirs. Puis, qui je vois pas arrivant en vélo au resto où il cache son magasin dans une boîte ? Daniel ! Je lui donne un coup de main à s’installer en plein soleil tout près sur Puente Nuevo. Une fois de plus, waaaaaaahhhhhooooowww… la vue me coupe le souffle. Ça me donne envie de sauter tellement c’est beau ! En tk, si tu sautes, pas de chance de manquer ton coup. Je trouve les perles manquantes pour ma boucle d’oreille dans le pot de beads de Daniel, mais les mets de côté. Je repasserai plus tard ! je veux prendre avantage du soleil !

En traversant le Pont Neuf vers le vieux quartier, je suis témoin d’un acte extraordinaire (à mes yeux). Une petite cocotte en robe et collants, pas plus que 5 ans, regarde en bas à travers la grille, pensant probablement la même chose que moi : "j’me demande c’est combien de mètres… Comme M. Bézaire me l’a enseigné à L’Escale, suffit de cracher en bas, compter les secondes et calculer d = at2/2 où a = 9.8 m/s2 (accélération gravitationnelle), t le temps en secondes et d la distance à mesurer..." Sauf que la p’tite, au lieu de cracher, décide de s’enlever le soulier gauche et le câlisser en bas ! Et tous les touristes se penchent pour observer avec fascination la chaussure tomber dans l'abysse. Et la mère Whack! derrière la tête! suivit d’un «Tonta!», et la p'tite se met à pleurer. Future scientifique ? Je sais pas, mais maintenant son père doit la petite va-nus-pieds dans ses bras.

Plaza Auxiliadora offre une belle vue et… ben gadon, un beau sentier de pierres qui descend le long du Tajo. Bouteille d’eau dans une main, jujubes dans l’autre, je descend. À une courbe, je trouve d’un côté la continuation du chemin touristique, de l’autre côté une clôture brisée avec un semblant de sentier plein de déchets et débris… direction pied du Puente Nuevo... Pas de panneau indiquant « interdit » ? Pff, et même s’il y en avait un, je comprend rien de l’espagnol ! Pour une pauvre petite touriste canadienne, une affiche qui dit «Prohibida» peut ben être une annonce de power drink… «Prohibida, la bebida que da vida!» Plus j’approche le pont, plus la caméra clique. Tout en haut, assis sur le mur de pierre longeant le Tajo, je vois le spot bleu qu’est le t-shirt de Daniel qui gosse ses boucles d’oreille au soleil. Je termine le chemin touristique jusqu’à un point de vue avec deux arches en ruines et des touristes en pleine pause lunch. Je remonte (puff puff) et déambule dans les ruelles du "Vieux Ronda".

Vue de Plaza Auxiliadora et vieille partie de la ville.

Vue du sentier sketch, et du point de vue touristique.

La majorité des musées sont à 5 minutes de marche de distance, et ils sont aussi quasi tous fermés… grmbl maudit congé… quoique, sans ce congé je serais pas icitte ! Enfin je reçois un coup de fil des filles d’Eslovanie, et on se rencontre dans un café. Ava et Martina, toutes deux étudient à Grenade. Turns out qu’elles ont dormi dans une voiture de police la veille ! Elles espéraient dormir dans une cellule du poste de police, celui qui était de garde de nuit a dit «désolé les filles, je peux vraiment pas faire ça à moins que vous ayez commis kek genre de crime.» «hm… on peut te voler maintenant si ça aide!» Donc le gars a offert de les laisser dormir dans son char. Çaa fait de quoi à raconter !

Mesdames sont super fatiguées et borderline ennuyantes. Je leur suggère le parc Alameda de Tajo pendant que je vais explorer l’autre bord de la vieille ville, et on se donne rendez-vous au coucher du soleil avec une bouteille de vin cheap. Je visite les deux autres ponts, les ruines de bains arabes (...c’est juste ça ?) et retourne vers le Parc, ramassant mon vendeur de boucles d’oreilles préféré en chemin. En placotant, Ava et Daniel se rendent compte qu’ils ont des potes en commun d'Eslovanie à Grenade! Quel monde tout petit tout petit !

Vieux Pont, et bains arabes...


Il est évident, à voir le côté est du pont (gauche), que le côté ouest est fantistique! (droite)

Daniel et Ava, et le coucher de soleil...

On rentre bouffer chez Gastón. Ça m’a tout pris pour trouver un magasin qui vend de la bouffe pour éviter le $restaurant$ mais j’ai trouvé. Spaghetti it is. Et un gros poulet rôti à partager. Les filles veulent pas sortir, trop fatigués, donc je donne un coup de fil à Daniel, rendez-vous Plaza de Toros ! Une bière ou deux rapide dans un bar Irlandais (yark, jure moi que ça c’est de la Guiness cette merde??) mais avec mon restant de rhume marrocain, la soirée fut courte.

12/14/2009

A Rare Encounter

(Une rencontre rarissime)
Le samedi, 5 décembre 2009
This morning, looking out from the window, I see nothing but white. But outside, looking up, you can tell there's a sunny day on the way! with a deep blue Andalucian sky... As I wait for the bus, (and wait and wait… it’s always late, yay Spain!), Alcalá fades in and out of a white floating fog. Now I can see the San Jorge church bell tower, now I can’t.
NB. Since the train railway between Algeciras/Gibraltar and Granada is being repaired, and the only bus leaves for Ronda from Algeciras at 6AM (uh, right, no.), it’s simpler for me to get to Ronda by bus via Jerez. So... 1 hour bus to Jerez, 4 hour wait before I take the 3 hour bus ride to Ronda. Any Alcalaino would laugh at me or wince, as they all have a car and hate the bus. Fine! Take me to Ronda!
So 4 hours in Jerez? Bring it on. It’s a beautiful day, I’ll walk around with my monster backpack and my camera to finally get Jerez in photos (the 2 other visite were camera free). Here are a few:
1. Don't know how many times we passed by that monument, Victor, Julio and I, on the faithful day of my party...
2. Tio Pepe! (a famous brand of Sherry... God knows Jan loves that Fino!)
3. Oh look, a castle/fortress with an octagonal tower...

1. Beautiful train station
2. Orange bubbles.
3. Minotaur (Jerez has these strange statues at every round about)
Marie, Joseph et l'ptit Jésus dans crèche. Le bar La Crisis... trop crampant!
I go back to every place I’d visited last time in Jerez, taking a break at every plaza to read bit of the Alchimist, or eat a piece of salsichon and bread, or nap on a bench. I finish my photo tour of Jerez near the station and an old, old man, quite rotund around the belly, sits next to me. (I think he was eyeing my sandwich...) He asks my age. I tease, saying he looked 50. He takes out his ID with shaking hands: 1928. Well done! We talk. I bid him a good day. He said “Stay in Jerez tonight! Stay here with me!”, patting the bench next to him. Hm, no. To this day, I wonder if leaving him was not the biggest mistake of my life… maybe our paths will cross again! (hehe, no, this is not the rare encounter. Keep reading!)

The long, long, long and winding road to Ronda stops by 4 villages or so. I am discreetly eavesdropping a bunch teenage girls, fascinated by their never-ending conversation of which I barely understand a word. Countryside dialect… During the last hour before reaching Ronda, my nose is stuck to the window as I woooh… and waaaahh… at the landscapes. The between the Sierra de Algodonales and the Sierra Blanquilla, it's a fantastic blend of valleys, mountains, long thin lakes and white villages built in the rocks, turned red by the sunset… simply gorgeous views at every tuuuuuuurn *grabbing the seat to not fall off*.

Walking towards my CouchSurfing host’s house, my first impression of Ronda is the following: so perfectly clean and quiet, it seems like a movie set. Wide streets and sidewalks, with noone on them except for a few old men… trees cut in giant balls, Christmas lights, lovely fountain and gazebo in the middle of an empty plaza… My host’s apartment is great: big, new, clean, inviting… and Gastón, is super friendly and makes me feel at home right away. It’s a pity he has to work (from home) all weekend as we definitely get along well, AND I understand ALL of his Spanish! At least there are two travelers from Slovenia crashing here to this weekend, they should arrive any minute now! “Oh, it’s them on the phone! The two girls are in… Gibraltar? And they say there’s no train, only an early bus the next day.” Hwell. I could have told them that.

So I’m off to visit Ronda by night, really excited about that famous bridge, the Puente Neuvo the links the “Old town” and “New town”, which are separated by cliff, together… La Bola, the vert commercial street is lit with Christmas lights and there’s this feeling in the air of… well of Christmas and holidays of course… but mostly of consumerism. I go straight to the bridge and waaahhhhhhhh… how grand and beautiful and scary! You can’t see the bottom on any side, it’s like a bottomless abyss. I walk around the old town, but by night, it’s pretty boring. Everything's closed, and everything WILL be for the nearly the whole weekend as it’s a Holiday all over Spain.


The Puente Nuevo, Plaza de Toros, La Bola

So I head back towards La Bola, and spot a hippy jewelry stand with a hippy little man selling it. I offer 1 euro for a lonely earing that looks like a mini mobile with colored beads, and he gives me a “…really?” look as in “…you really want that thing? I made it more as a joke, or… an experiment…”, he asks from which part of France I am and we start to chitchat about traveling and languages and I soon find out that this man has a degree in... yes, you’ve guessed it, science. Physics more precisely. And I’ve recently been joking about selling jewelry on the beach for a living!

Daniel et ses bijoux...
When Daniel (the jewelry guy) closes the “store”, I give him a hand to go put it away in a shack behind a restaurant and we go off to a Teteria to talk about traveling for 2 more hours, we invent our futures circuits: Bolivia, Peru, Argentina… or New Zealand? I don’t think I’ve ever met someone who listens that well. The guy is so awake it’s refreshing, and it makes you more aware of everything, like noticing simple things all around like the crackling in the fireplace of the teteria… or a ripped poster on the wall, or someone who trips on the sidewalk and wheels around to see if anyone saw… or a kid trying hard to knot his shoelaces!

I tell him I’ll definitely try to pass by his earings stand again the next day and he promises to bring his pot of colored beads to finish the pair of... “mobile earings” I bought. It’s a long cold walk back to Gastón’s house but there’s a welcoming sofa, hot tea and a shitty movie to laugh at, at the end of this walk.
Song of the Day: Friday I'm in Love - The Cure (suuuuuuuuuuper quétaine!!)