Avec les multiples alternances de température de la journée, allant de 35°C au soleil à l’ombre climatisé d’un bus, j’avais une bonne couche de sueur accumulée. J’ai dompé mon sac par terre, sauté dans douche, et enfilé mon supercostume :
- des superbottes rouges (gracieuseté du vieux linge de Carmen)
- des superbas rouges aux genoux (2 euros)
- des superleggins bleu royal (marché au puces de Paris)
- des superbobettes rouges de gars (1 euro bazar chinois d’Alcalá)
- une superceinture en carton et tape jaune
- un supergilet bleu (rescapé du vieux linge que Andy a abandonnée à Paris)
- une supercape rouge (œuvre ingénieuse patentée par Jenny à partir d’une vieille paire de pantalons rouges)
- des superlunettes de Clark Kent avec un côté manquant que j’ai remplacé par un crayon (ramassé sul bord du chemin).
Sans bien sûr oublier le super « S » que Jenny m’a gossé sans même que je lui demande… c’est comme avoir une maman ici! Sauf que sa job c’est coudre.
Me rendre chez Jenny et Gabriel était la plus longue marche de ma vie. Ô le sentiment d'avoir l'air ridicule! J’ai presque couru, et j’aurais bien volé si j’avais pu, atterrir direct dans le party sur le toit-terrasse! Au lieu j’ai eu droit au sifflage des passants et à la trame sonore de Superman chanté par un drogué sur le parvis de l’église de Plaza Alta.
J’avais réalisé combien l’Halloween était quelque chose de nouveau en Espagne,
surtout dans un petit village. Ça fait à peine 5 ou 6 que ça se fête ici,
et comme ils ont un évènement costumé qui s’appelle le Carnaval en hiver,
l’Halloween est encore strictement des costumes apeurants, sorcières, vampires
et squelettes. Y’avait que moi et un pote de Gabriel hm… Phil? British en
tk, déguisé en Scooby-Doo qui étaient pas morts.
Il y avait quasiment tous les brits Alacaláinos et quelques autres connaissances anglos des hôtes, ainsi qu’une méchante gang d’espagnols : ceux que j’appelle la troupe du El Luca (Fernanda, Victor, Curro…), du monde que j’avais rencontré à la marche du Pavo Troton, d’autres dont j’avais entendu parler souvent (un Guillermo qui donne des cours d’anglais en privé, et sa gang d’amis), j’ai enfin rencontré Nazaret et Jesus, un couple a qui Jenny voulait me présenter depuis ya de ça longtemps… Tous étaient bel et bien morts, mascara beurré sous les yeux, sang au coin de la bouche et fond blanc qui croûte avec la sueur. Bien vite, le flux de Cruzcampo a dissout les inhibitions de ceux qui ont normalement les babines jammées (ou un pickle dans le Q) quand ça vient à parler « l’autre langue ».
Andy and Jan / Nazaret and Marie-Lo / Me, Miriam and
Claire
Graham, Jenny and Miriam shakin' their booties






















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